06 juin 2010
Louise Bourgeois
Documentaire ARTE : Louise Bourgeois
Je viens de voir un documentaire sur Arte sur une artiste absolument géniale et j’avais envie de partager cela avec vous. Il s’agit de Louise Bourgeois dont on parle encore plus que d’habitude car elle est décédée Lundi dernier (31 mai 2010) à l’âge de 98 ans.
Elle est essentiellement connue pour l’araignée géante exposée à la Tate Galery et à Pompidou qu’elle a intitulée « Maman ».
Ses thèmes de prédilection:
- la cellule-tanière (Articulated Lair), plus ouverte, offrant de nombreux recoins, mais aussi davantage de possibilités de fuite.
- l'ascension sans issue (No Exit: un escalier sans but, entouré de 2 boules en bois - étrange réminiscence du Mythe de Sisyphe, qui résonnerait comme une possibilité de réflexion sans limites, d'échappées vers une rêverie active et féconde -.)
- la fragilité de toute relation (Glass, Spheres and Hands)
- le rapport complexe entre les représentations réelles et les diverses projections mentales ( Eyes and Mirrors / Precious Liquids: une arborescence de flacons pouvant recueillir les liquides précieux du corps humain - lait, sperme, urine, larmes...-)
- la sexualité ( Twosome, Needles), l'érotisme ( Red Rooms)
- la famille, le groupe ( Araignées, Choisy)= réparation, appui, protection, mais en même temps possibilité de dévoration, de dévastation pouvant guillotiner des êtres au sein d'une famille
- enfin le féminisme et la récusation de la théorie de Charcot sur l'hystérie comme "expression féminine" ( Arch of Hysteria).
Il est vrai qu’au début on ne comprend pas forcément le lien entre les titres et ses oeuvres et vous vous direz que c’est encore une de ces artistes contemporaines qui « se fout de la gueule du monde » mais croyez moi,
si vous avez le temps de revoir sur internet le documentaire bioraphique, vous changerez d’avis Elle vous expliquera avec réflexion et sensibilité comment elle conçoit ses œuvres. Il y avait notamment une oeuvre d’elle nommée «Arch of Hysteria » présenté dans le documentaire où elle a cherché grâce à des témoignages de proches au travers d’une sculpture en bronze à transmettre les sensations et la puissance pendant une crise.
Ou bien elle vous emmène dans une cage remplie de miroirs et vous parle de sa réalité et vous
explique que si un enfant rentre dans la cage et dit que c’est comme dans un rêve alors l’œuvre d’art aura fait passer le message et ainsi l’art aura opéré.
Je n ai pas le style littéraire ni la culture pour vous transmettre correctement son œuvre mais visionnez ce documentaire et je suis sure que vous comprendrez.
“Je m’appelle Louise Joséphine Bourgeois. Je suis née le 24 décembre 1911 à Paris. Tout mon travail des cinquante dernières années, tous les sujets, trouvent leur source dans mon enfance […]. Mon enfance n’a jamais perdu sa magie, elle n’a jamais perdu son mystère, ni sa dimension dramatique […]. La sculpture est le corps, mon corps est la sculpture […]. Il faut abandonner le passé tous les jours ou bien l’accepter. Et si on n’y arrive pas, on devient sculpteur.”
Dju
08 novembre 2009
Renoir au XXe siècle
L'exposition Renoir au XXe siècle, qui se tient actuellement au Grand Palais, retrace les deux dernières décennies de la vie et de l'œuvre du peintre.
Parmi les tableaux, certains sont archis-connus, comme Les Baigneuses, mais on prend plaisir à revoir Les jeunes filles au piano, ou à découvrir Les terrasses à Cagnes.
La modernité du style de Renoir est illustré par des comparaisons avec des
œuvres d'autres artistes, comme Ingres ou Picasso. Renoir a développé sa vision de l'idéal féminin, pour aboutir à un corps curieusement déformé, à peine humain, comme l'illustre sa sculpture Venus Victrix.
L'exposition présente également une série de photographies de l'artiste à la fin de sa vie et de sa famille : sa femme, ses enfants et leur gouvernante Gabrielle, son modèle pour de
nombreux tableaux, comme ces deux Danseuses.
Il est particulièrement émouvant de voir le peintre dans son atelier, un vieillard de plus de
quatre-vingts ans, aux mains déformés par l'arthrite, tenant encore un pinceau entre ses doigts figés.
Les portraits des enfants de Renoir sont plein de tendresse, comme ce Pierrot blanc ou le Jean dessinant (il s'agit de Jean Renoir, qui deviendra cinéaste).
Bref une exposition qui permet d'en savoir un peu plus sur la vie et l'oeuvre de ce peintre qu'on croit à tort trop bien connaître.
Ginie
22 septembre 2009
Partage de midi

La pièce Partage de Midi de Paul Claudel, jouée actuellement au théâtre Marigny, est un peu difficile d'accès ; trois hommes et une femme s'aiment et se déchirent sur un bateau en route vers la Chine.
Ysé est lassée de son époux De Ciz après dix ans de mariage et plusieurs enfants. A bord, voyagent également le hâbleur Almaric, qui se dit capable de dompter la guerrière Ysé, ainsi que Mesa, mystique et tourmenté, qui attire irrésistiblement Ysé. Ysé qui se demande si une femme peut refaire sa vie, suivre ses désirs, et partager la vie de trois hommes différents
Évidemment
il y aura amour, mais aussi adultère, naissance illégitime,
insurrection chinoise et drame. Comme souvent dans les pièces de Claudel, les personnages sont
ravagés par leur dilemme intérieur, déchirés entre l'appel de Dieu et
l'attrait pour la chair et de la vie. Allergique aux drames aux accents
très religieux, s'abstenir !
Pour
nous faire vivre ce drame sombre, il y a des acteurs excellents. Hervé
Pierre, qui joue le mari d'Ysé, est un peu en retrait de par son rôle.
Christian Gonot (que j'avais vu en Alcandre, le magicien de L'Illusion comique)
campe un Almaric sûr de lui. Marina Hands, dont la mère s'était déjà
illustrée dans le rôle, incarne une Ysé tour-à-tour fière et amoureuse,
coquette et pieuse.
Mais la palme revient à Eric Ruf (le beau Christian de Cyrano de Bergerac), merveilleux en mystique tourmenté entre sa passion et sa foi - une problématique très personnelle pour Claudel. L'auteur avait lui-même rencontrée une Polonaise mariée, au cours d'un voyage vers la Chine. Elle sera son grand amour.
Assurément pas une pièce évidente, à éviter en cas de cafard, mais un drame touchant.
Ginie
14 septembre 2009
Helen Hanff, 84 Charing Cross Road
Je viens de dévorer 84,
Charing Cross Road : c'est une très belle
découverte que cette correspondance entre Helen Hanff, l'Américaine et la
librairie du 84, Charing Cross Road, Londres, entre 1949 et 1969. Pour Helen Hanff, cette libraire anglaise est la seule à fournir de vieilles éditions à des prix raisonnables. C'est ainsi que nait ce dialogue.
Ce livre est court (je m'attendais aussi à un livre plus
long !) et se lit donc très vite, et surtout très bien !
J'aime beaucoup le ton plein d'humour de cette Américaine
passionnée de vieux livres introuvables. Et en plus, elle qui n'aime pas les
romans, elle craque complètement pour Jane Austen ! De plus elle est d'une
grande générosité. Et de l'autre côté (la librairie de Londres), ses
correspondants qui sont au fur et à mesure de plus en plus nombreux, et le
rapport qui se personnalise. De ses découvertes de livres, à ses déceptions, on
ressent bien la joie ou l'énervement qu'Helen a lorsqu'elle a ses livres entre
les mains.
"Je vais me coucher, je vais faire
d'affreux cauchemars plein de monstres énormes portant toges de professeur et
grands couteaux de boucher tout ensanglantés avec marqué dessus : Extrait,
Sélection, Passage, Abrégé."
Ou encore cette réaction violente suite à la commande
d'une Bible (réaction que je trouve assez savoureuse ! )
"QU'EST-CE QUE CETTE SINISTRE BIBLE
PROTESTANTE QUE VOUS M'AVEZ ENVOYEE ?
Pourriez-vous avoir l'amabilité de faire savoir aux gens de l'Eglise
d'Angleterre (qui que ce soit qui leur ait donné l'ordre de tripatouiller la
Vulgate) qu'ils ont bousillé une des plus belles proses jamais écrites ? ils
brûleront en enfer pour ça, vous pouvez me croire !
Personnellement, ça m'est égal, je suis juive."
Ou encore cette réflexion sur les livres d'occasion :
"J'adore les livres d'occasion qui
s'ouvrent d'eux-mêmes à la page que leur précédent propriétaire lisait le plus
souvent. Le jour où le Hazlitt est arrivé, il s'est ouvert à "Je déteste
lire des livres nouveaux" et je me suis exclamée "Salult, camarade
!" à l'adresse de son précédent propriétaire, quel qu'il soit."
Voici comment la correspondance commence
"Messieurs :
D'après votre publicité dans le Saturday Review of Literature, vous êtes
spécialisés dans les livres épuisés. L'expression "libraires en livres
anciens" m'effraie un peu parce que, pour moi, "anciens" est
synonyme de "chers". Je suis un écrivain sans fortune mais j'aime les
livres anciens et tous ceux que je voudrais avoir sont introuvables ici, en
Amérique, sauf dans des éditions rares et très chères, ou bien chez
Barnes&Noble, qui vend à des prix abusifs des exemplaires très défraîchis
et ayant appartenu à des écoliers.
Vous trouverez ci-joint la liste de mes "problèmes" les plus urgents.
[...]"
Bon, j'arrête là avant de vous recopier tout l'ouvrage,
mais vous l'aurez compris, je suis très enthousiaste !
Mélange de réflexion sur la lecture, sur les livres, sur
la vie aussi, ce bouquin vaut vraiment le détour !
Fleur de Serre
07 septembre 2009
Biographie de Malraux : Une vie dans le siècle
Par Jean Lacouture aux éditions du Seuil 1973
Je voulais vous faire partager mon petit coup de cœur de cet été pour cette biographie passionnante. De l’Indochine à la Chine en passant par l’Espagne, de chercheurs de reliques à Ministre des affaires culturelles tout en continuant son travail d’écrivain, de Trotsky à De Gaulle avec visites aux Kennedy, de communistes à gaullistes, Malraux a su exploiter toutes les possibilités d’agir dans son siècle. Né en 1901 et mort en 1976, il aura traversé la colonisation, deux guerres mondiales, la guerre civile espagnole et beaucoup d’autres choses. Sa passion pour l’art est sans limite. Cette biographie présentée de façon chronologique et thématique se lit comme un roman. Il y a même des histoires d’amour comme avec Clara, Josette ou Madeleine, pour nous donner encore plus de sensations ! « Histoire d’un homme, qui, à force de vouloir transformer la plus large expérience possible, a vécu plus totalement son temps qu’aucun de ses contemporains. Ainsi cette vie dans le siècle est-elle par un biais une vie du siècle lui-même. »
Dju
20 août 2009
Exposition Pinacothèque: Suzanne Valadon - Maurice Utrillo
Les affiches de cette exposition parcourent Paris et sa banlieue. Sur les bus, dans les métros dans les abris-bus, on ne peut pas ne pas y faire attention. L’affiche réprésente Maurice Utrillo peint par sa mère Suzanne Valadon. L’exposition retrace l’œuvre de ce « couple mère-fils » avec plus de 50 œuvres de chacun des artistes. D’ordinaire, les expositions de la Pinacothèque sont souvent décevantes dû aux petits nombres de tableaux exposés (Soutine par exemple, ami d’ailleurs de Utrillo), mais cette fois-ci j’ai été agréablement surprise. Après avoir vu le film Modigliani de Mick Davis avec Andy Garcia et Elsa Zylberstein, j’ai découvert le personnage de Maurice Utrillo,
grand ami de Modigliani, à la fois génie artistique et ivrogne considéré comme fou. J’ai donc eu envie d’aller voir l’exposition et j’y ai découvert les œuvres de cet artiste qui m’ont profondémment émues. Utrillo peint le Paris que nous aimons, le Paris des artistes du début du XXe siècle (voir tableau à droite). Valadon quant à
elle, s’interesse plutôt aux corps féminins. Sa palette est plus chatoyante que celle de son fils mais tout aussi intéressante (voir tableau gauche). L’exposition est particulièrement bien organisée : les tableaux sont très bien éclairés et mettent vraiment en valeur la palette des deux peintres. De nombreux panneaux explicatifs nous accompagnent dans l’exposition et nous éclairent sur la difficile relation de Utrillo et sa mère Valadon et surtout leur rapport passionnée à la peinture. Ils ont chacun eu leur heure de gloire et le fils avant la mère. Je ne vous en dis pas plus, et je vous incite vivement à aller voir cette magnifique exposition avant le 15 septembre!!
Dju
13 août 2009
Architecture Quartier Montparnasse
Mon reportage photos : Visite avec le conférencier Jean-Claude Gouillon
Pourquoi Montparnasse ? le Montparnasse est un mont en Grèce dédié à Apollon dieu de l’amour et des arts. Au XVIIIe siècle, ce quartier de Paris n’est que campagne avec en son centre un tas d’ordures où se retrouvent les jeunes érudits de Paris pour s’adonner à des activités nocturnes intellectuelles mais surtout sexuelles. C’est pourquoi il nomme ce quartier le Montparnasse en hommage donc à Apollon. Puis le tas d’ordures est peu à peu détruit et fin XVIIIe et début XIXe le quartier se construit.
Nous avons donc commencé la visite par l’une des dernières jolies maisons du boulevard Montparnasse datant du
XVIIIe siècle, où aurait habité le peintre de Louis XIV, Rigaud. En nous approchant nous pouvons en effet voir sur les ferronneries des balcons le « R » de Rigaud. Cette demeure est d’ailleurs actuellement en rénovation comme vous pouvez le voir sur la photo ci-contre droite. Au pa
ssage nous croisons l’immeuble où aurait habité George Sand (photo ci-contre gauche). Puis plus loin, la rue de Florus où aurait habité Gertrude Stein, riche dame, qui accueille dans les années 1920 et 1930 de nombreux artistes américains, entre autres : Man Ray, HemingwayHemingway, Calder… et très proche également de Picasso, Cézanne et Braque. (voir peinture ci-dessous de Gertrude Stein peinte par Picasso).
Puis nous passons au thème des cafés de Paris du boulevard du Montparnasse. La plupart des cafés de Paris sont fondés et tenus par des Auvergnats. Il semble qu’il y ait encore un certain monopole aujourd’hui. Tout d’abord, La Coupole (1927) : très beau café où se retrouvaient de nombreux artistes comme Fernand Léger, Kisling, Picasso, Cézanne … C’est même là où Aragon aurait rencontré Elsa Triolet ! A l’intérieur, des peintures non signées de Fernand Léger, Kisling et peut être d’autres. A vous de reconnaître ! A l’extérieur la bâtisse a été refaite, mais heureusement dans un style art nouveau (voir photo
ci-contre gauche). En face le Select, moins connu, dans un style intérieur art déco. Puis le Dome (1890), bel endroit où se retrouvait Trotsky et Lénine. Seulement plus rien
n’est d’époque et tout a été refait, baptisé ainsi par la forme ronde du bâtiment (voir photo ci-contre droite).
Enfin la Rotonde (1911) où, de même, l’architecture n’a plus rien d’extraordinaire, mais les a
rtistes s’y retrouvaient également (voir photo ci-contre gauche). Pour clôturer ce petit quartier la statue de Balzac réalisée par Rodin qui aurait fait scandale à l’époque (voir photo ci-contre droite).
Ensuite nous découvrons la rue Jules Chaplain et l’atelier de Carolus Durand (ou Charles Durand), peintre
officiel du XIXe siècle. A cette époque, c’était extrêmement bien vue, d’avoir son portrait réalisé par Carolus Durand (photo ci-contre droite). Puis au croisement de la rue Vavin et de la rue Bréa, le magnifique atelier de Grasset, grand dessinateur qui a notamment réalisé la couverture du dictionnaire Larousse (voir image
ci-contre gauche son atelier et illustration). Grasset était alors considéré comme l’un des précurseurs de l’Art nouveau. Puis dans la rue Vavin, magnifique immeuble style moderne réalisé par l’architecte Sauvage: béton, style épurée, céramique, briques émaillées pour répondre au besoin d’hygiène de l’époque. A sa construction, ce style est évidemment décrié et l’on appelle cette bâtisse « La baignoire » (voir photo ci-dessous
). Aujourd’hui de nombreux touristes viennent du monde entier admirer cette architecture surprenante.
Puis nous nous dirigeons vers la rue Notre Dame des champs où de nombreux artistes ont vécu comme Victor
Hugo, le peintre Baudry ou encore le peintre Léon Gérôme. Mais surtout passant par un portail, nous découvrons une jolie petite ruelle fermée (voir photo ci-contre gauche) où se trouvait l’atelier du peintre Bouguereau. 
Dans la même rue également l’atelier de Fernand Léger (voir photo ci-contre droite). Perpendiculaire à cette rue se trouve la rue de la grande chaumière où ont vécu Mo
digliani et sa compagne Jeanne Hébuterne qui a été son modèle mais aussi celui de Foujita. Dans le même immeuble (voir photo ci-contre droite),Gauguin a également habité. On apprend qu’avec la création des ballets russes en 1909 (avec notamment le grand danseur NijinskyNijinsky : cf notre super expo « Tanz der Farben » à Hamburg !), l’activité artistique de beaucoup d’artistes a été relancée : Matisse, Picasso ou Utrillo encore vont réaliser des décors sur commandes.
Enfin nous terminons cette visite rue Campagne Première au coin de laquelle se trouvait le club The Jockey où tous
les artistes se retrouvaient pour faire la fête et en particuliers le photographe Man Ray
et sa maîtresse la célèbre Kiki de Montparnasse. Man Ray organisait également de nombreuses soirées chez lui, où seule la concierge réussissait à les faire taire vers 4h du matin afin que les voisins puissent avoir une heure de sommeil (Les années folles !). Au milieu de la rue un passage donnant sur une cour où l’on peut voir de nombreux ateliers d’artistes (photo ci-contre gauche). Ces ateliers ont été réalisés avec les matériaux utilisés lors de l’exposition universelle de 1925. Giorgio de Chirico, précurseur du mouvement surréaliste a habité l’un de ces ateliers. De nombreux
peintres ont également fréquenté cet endroit : Picasso, Apollinaire, Derain … Nous passons ensuite devant l’atelier de Foujita (voir photo ci-contre droite). Yves Klein a également habité un appartement dans cette rue. Enfin nous terminons la visite sur un magnifique immeuble de transition entre style Art Déco et Art Nouveau (voir photo ci-contre droite).
Beaucoup d’autres choses intéressantes ont été dites pendant cette visite de 2h30 mais j’espère vous avoir relaté l’essentiel et vous avoir donné encore plus l’envie de connaître le Paris des artistes!
Dju
11 août 2009
La Reine des Lectrices, Alan Bennett

Un petit livre impertinent, amusant et original qui se laisse lire avec plaisir !
Ce n'est pas pour moi la découverte l'année, mais j'ai apprécié de
livre qui met en scène la Reine d'Angleterre dans une situation
inattendue.
Sans tout vous dévoiler, c'est l'histoire de la Reine d'Angleterre qui par hasard, puis par choix, puis par passion se met à lire, à lire, à lire ! Et tout ce qui peut en découler côté politique comme côté personnel !
J'ai aimé la découverte du Bibliobus par la Reine, la
personnalité du jeune homme qui devient son confident de lecture et
l'initie à la lecture de manière plutôt inhabituelle. Voir la Reine,
cette personne qui semble si lointaine et hors du commun, se prendre de
passion pour la lecture, partagée par tant d'entre nous, est vraiment
amusant. La Reine, face à la lecture, devient un "sujet" comme les
autres ! J'ai adoré le début du livre où sa Majesté prend de plus en
plus d'intérêt à choisir ses livres, et où son obsession de bouquiner
grandit... Le reste devient ennuyeux, et elle a tant de responsabilités
et d'obligations, quand trouver le temps de lire ? Cette nouvelle
activité est d'ailleurs très mal vue par ses conseillers et ses proches
!
J'ai trouvé cependant qu'en général, les personnages secondaires manquaient un peu de subtilité.
Court, j'ai pourtant trouvé à ce roman des longueurs.
Il serait cependant dommage de passer à côté de cette histoire
amusante, qui se double d'une réflexion sur la lecture (et l'écriture),
sur les différences de comportement par rapport à un bouquin, sur la
manière dont se développe ou peut se freiner l'intérêt pour la lecture.
Ce livre m'a donné envie de découvrir d'autres romans d'Alan Bennett,
cet auteur britannique que je ne connaissais que de nom : impertinent,
original, audacieux : comment résister ?
Fleur de Serre
07 août 2009
Stardust – Neil Gaiman
Imaginez un petit village
anglais, nommé Wall, à cause du mur qui le sépare de la forêt où rôdent dit-on
d'étranges créatures. Pourtant le petit village est bien tranquille, trop
tranquille en fait. Quand on est un jeune homme du nom de Tristan Thorne, on
peut vite s'y ennuyer, et il ne reste alors plus que deux possibilités : tomber
amoureux de la plus belle jeune fille du village (qui évidemment vous méprise),
et promettre étourdiment d'aller lui chercher une étoile tombée de l'autre côté
du mur…
C'est ainsi que Tristan passe le mur et se s'élance à la recherche de l'étoile. Ce qu'il ignore, c'est que dans le royaume de Faërie où il vient de pénétrer, les étoiles sont des jeunes filles, et que celle-ci a fort mauvais caractère... Commence alors l'étrange odyssée de Tristan et de son étoile, où ils croiseront une sorcière cannibale à la beauté vacillante, une fratrie de princes prompts au fratricide et un pirate de l'air passablement lâche. Mais arrivera-t-il à honorer la promesse qu'il a faite à sa bien-aimée ?
Neil Gaiman, à qui on doit déjà la série des Sandman, le très primé American gods et le scénario du dessin animé Coraline (qu'on a vu ensemble, les filles !), est un grand conteur à l'imagination intarissable. Il le prouve encore une fois avec Stardust, un court roman qui reprend les figures imposées du conte de fées avec beaucoup d'humour et d'émotion.
L'adaptation au cinéma par contre est moins réussie, car elle passe un peu à côté de l'humour du livre pour n'en garder que la romance façon disney. Je vous mets quand même la bande-annonce
Ginie
05 août 2009
Architecture Quartier Montsouris
Visite avec le conférencier Pierre-Yves Jaslet : Mon reportage photos
La visite débute dans le parc Montsouris. Nous étions une dizaine, dont la moyenne d’âge s’élevait naturellement à
plus de 50 ans. Le conférencier nous parle d’abord de la création du parc. Style jardins anglais, le parc est créé à la fin du XIXe siècle sur une ancienne carrière, d’où l’aspect vallonné. Puis petit historique sur la création de la cité internationale universitaire financée par un magnat du pétrole et commandée par l’Instruction publique afin de faciliter les échanges et bonnes relations entre les étudiants de différentes nationalités.
Il faut savoir que les habitations autour du parc Montsouris ont commencé à voir le jour dans les années 1920, période considérée comme l’âge d’or des artistes. A l’époque, il se construit surtout dans le quartier des immeubles bon marché en briques rouges, matériaux peu coûteux à l’époque, mais également des habitations réalisées par des architectes de renom où vécurent de nombreux artistes (voir photo plan ci-contre).
La première rue que nous visitons est « La villa du Parc Montsouris » où nous pouvons admirer quelques ateliers d’artistes construits dans les années 1920 et l’une des maisons où aurait habité l’artiste japonais Foujita, proche entre autres de Matisse ou encore Picasso (pas sur le plan).
Puis nous nous arrêtons dans la « Rue George Braque » ou « rue du Douanier » qui s’ouvre à nous par une belle bâtisse réalisée par le grand architecte André Lurçat, caractérisé par ces fondations en béton armé et l’absence de fioritures architecturales (voir photo ci-contre droite).
Puis deuxième immeuble réalisé par l’autre grand architecte de l’époque Auguste Perret où habitat George Braque à partir de 1925 (voir photo ci-dessous). Cette maison est dissimulée par la verdure mais l’on peut quand même
apercevoir la structure en béton armé et les vérandas de ses deux ateliers. Puis le conférencier nous lit un passage des Mémoires de Françoise Gilot, sur l’une des visites de Picasso à son ami Braque dans cette maison. (livre que je vais bientôt lire, je crois !). Derain et Jallod auraient également vécu dans cette rue.
A l’époque la bande d’amis Braque, Bissière, Ozenfant, Latapie fonde la société lotisseuse « des Castors de Montsouris » pour y construire des maisons ultra‑cubistes. Les architectes André Lurçat, Auguste Perret ou Le Corbusier appartiennent au même mouvement d’architecture, déco et design et sont considérés comme les architectes les plus novateurs de leur temps.
Promenade ensuite dans le charmant « square Montsouris » (photo ci-dessus), où nous pouvons admirer les ferronneries ou encore une jolie mosaïque style art déco. (voir photos ci-dessous).
Foujita et Bissiere auraient habité cette petite rue, mais surtout le peintre Ozenfant, dont la maison-atelier surprenante par son architecture (voir photo ci-contre) a été réalisée par Le Corbusier. Le Corbusier,sous son vrai nom Charles Jeanneret, a inventé le concept du « casier à bouteilles » : pour lui, il suffit de mettre en place des piliers en béton armé, puis de garnir comme on le souhaite les façades de grandes baies vitrées. En outre il développe 5 points dans son architecture : la façade libre, la fenêtre en bandeaux, la maison sur pilotis, le plan libre (grâce au béton armé) et le toit-terrasse(qui posait à l’époque de nombreux problèmes d’humidité).
Enfin avant la dernière rue, nous contournons le réservoir des eaux de Montsouris, où le conférencier s’arrête un instant pour attirer notre attention sur les « fontaines Wallace »datant de la fin du XIXe, situées un peu partout dans Paris et du nom de son créateur anglais francophile.
Enfin, nous visitons la « villa Seurat », nommée ainsi en mémoire à Seurat (qui n’a jamais habité cette impasse.) Toujours dans ce même style architectural des années 1920 (qui me fait bien penser au style du Bauhaus dans ses grandes lignes), une demeure réalisée par André Lurçat (voir photo ci-dessous).
Puis plus loin la maison (voir photo ci-dessous) où ont vécu le peintre Chaim Soutine et le romancier Henri
Miller, chacun à un étage différent (ils ne s’entendaient pas du tout). Pour anecdote, Henri Miller aurait déclaré qu’il avait juste besoin de 14 amis afin d’être occupé 2 fois par jour, c’est pourquoi il n’avait pas besoin de Soutine. Soutine, quant à lui, recevait souvent les peintres Modigliani et Kisling, ses grands amis de l’époque. Le clou du spectacle : A un moment inattendu, déboule et se gare dans cette impasse à coté de nous une petite Twingo noire, conduite par Daniel Auteuil ! Enfin Dali aurait également habité cette jolie impasse.
Bref une très belle visite de 2 heures que je recommande et qui vaut largement les 10€ demandés !
Dju















